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Terroir

L’Aquitaine, notre beau pays

L’Aquitaine est une région historique et administrative du sud-ouest de la France. Sa capitale, Bordeaux, en est aussi la plus grande ville.

L’Aquitaine est également une région historique, dont les contours ont évolué au cours du temps. La Gaule aquitaine est une des trois provinces romaines (avec la Belgique et la Lyonnaise) créées par Auguste en 27 av. J.-C. à partir de la Gaule romaine (outre la Gaule narbonnaise). Le territoire de l’Aquitaine antique, limité au triangle Pyrénées – Atlantique – Garonne, facilement conquis par Crassus, lieutenant de Jules César, en 55 av. J.-C., est ainsi augmenté d’une partie de la Gaule centrale, jusqu’à la Loire. L’étymologie la plus courante du mot Aquitaine (aqu-itan-ia / akwitania/) est d’en faire un mot parent du latin aqua “eau”, ce qui en ferait le pays des eaux. Le Pays de Duras est donc sis en Aquitaine, aux confins du Lot-et-Garonne, de la Dordogne et de la Gironde. Son célèbre vignoble s’étend depuis l’époque gallo-romaine, au milieu de ses non moins célèbres proches cousins, Bordeaux et Bergerac. Le Vin de Duras acquiert ses lettres de noblesse dès le XIIe siècle. Fortement apprécié par les Anglais, Seigneurs et Maîtres alors de l’Aquitaine, barriques et tonneaux descendent la Dordogne, la Gironde, en route vers l’Angleterre. Plus tard, François Ier alors Roi de France, le qualifie de “nectar”. L’ardeur, la passion, la volonté des hommes qui mettent leur énergie et leur savoir-faire au service de la vigne permettent d’atteindre dès 1937 la reconnaissance de la qualité indiscutable du vin de Duras. Par le décret du 16 février 1937, le vignoble des Côtes de Duras est parmi les premiers à obtenir la mention Appellation d’Origine Contrôlée, gage de l’authentique originalité de son vin.

Les Rebelles d'Aquitaine

"Être rebelle, c'est refuser l'idée que le monde est figé."
Benoît Duteurtre

Être rebelle, c’est résister…
Aujourd’hui, quand on est vigneron, on doit résister.
On le sait, c’est un métier de courage, de patience et de ténacité.

Aux caprices du temps…
À la pluie, au froid, à la chaleur, à l’humidité, à la grêle, au gel, à la neige, au vent…
Aux sangliers, aux oiseaux chapardeurs…
Aux maladies, aux insectes qui les colportent, aux champignons…

Aujourd’hui, quand on est vigneron à Duras, on a toutes les raisons de devoir résister.
Contre les ogres à l’ombre desquels il est difficile de pousser.
Contre les hygiénistes qui veulent notre peau et veulent imposer leur vision de la vie.
Contre les excès de la consommation, qui aboutissent à des niveaux de prix insensés.
Contre le monde qui se détourne de sa terre, qui pollue.
Contre les gens tristes qui n’aiment ni notre cuisine, ni nos vins et qui n’ont pas compris que le vin, consommé avec modération, est une nourriture noble pour le corps et l’esprit.
Contre les gourous et les moutons de Panurge.

La liste serait longue…

Le paysage de Duras

Comme le dit si bien Pierre Desfontaines, éminent critique littéraire du XVIIe siècle, le pays de Duras est avant tout un paysage de petits monts qui “se perdent à l’infini les uns derrières les autres comme le clapotis d’un lac”. Si l’érosion est à l’origine de ces “petits monts”, elle n’a pas eu la même force selon la nature des sols. Dans la partie la plus haute des coteaux, des affleurements calcaires durs forment des petites falaises nettement visibles dans le paysage. Les formations géologiques les plus friables sont constituées par des molasses dans la partie inférieure des coteaux. On note donc une alternance de collines rondes aux abords aisés et de plateaux escarpés quasi impossibles d’accès. Bien évidemment, le village de Duras appartient à ce second cas de figure. En effet, comment imaginer qu’il eut pu en être autrement pour nos Rebelles d’Aquitaine que de poser la première pierre d’un lieu de ralliement sur le point le plus inaccessible qui soit ? Ainsi, c’est tout naturellement sur le sommet d’un plateau escarpé que se dresse le fier village de Duras, bien à l’abri de sa forteresse naturelle, dominant la plaine de Bordeaux en tête de proue de l’Appellation d’Origine Contrôlée “Côtes de Duras”.

Le vignoble

Le vignoble de l’appellation Côtes de Duras s´étend aujourd’hui sur 1 500 hectares avec environ 65 % de rouge pour 35 % de blanc exploités par 72 vignerons indépendants et 118 vignerons coopérateurs. Sur l’ensemble du vignoble de Duras, on compte quatre cépages rouges, à savoir le Merlot, le Cabernet Sauvignon, le Cabernet Franc et le Malbec ; et sept cépages blancs : le Sauvignon, le Sémillon, le Muscadelle, l’Odenc, le Chenin, le Mauzac et l’Ugni Blanc. Les sous-sols de Duras sont composés de sédiments marins et fluviaux tels que les argiles lourdes et collantes appelées Boulbènes dans les parties basses et le sud du vignoble ; et les marnes et molasses & calcaires et argilo-calcaires plus en altitude. Bien que les vins de Duras soient connus pour leurs rouges qui sont majoritaires, il ressort qu’on y façonne aussi d’excellents vins blancs et pour cause, les sous-sols de molasses et boulbènes de Duras sont évidemment propices à la culture de cépages blancs. Sans doute cette persistance de la culture de cépages rouges sur des terres pourtant clairement favorables à l’épanouissement du blanc est-elle due au caractère rebelle de nos vignerons désireux de s’imposer face aux grands vins bordelais.

Le climat

À une centaine de kilomètres de l’océan Atlantique, le vignoble de Duras vit sous l’influence du climat océanique caractérisé par des hivers doux et pluvieux et des étés frais et relativement humides. Les précipitations se répartissent sur toute l’année et tombent souvent sous forme de bruine ou encore de brouillard dense, avec un pic hivernal et un pic au mois de mai. Les températures sont douces au printemps et favorisent un démarrage précoce de la vigne. Des arrières saisons ensoleillées survenant parfois après un épisode pluvieux à l’équinoxe, permettent une bonne maturation des raisins rouges ainsi qu’une surmaturation pour l’élaboration des vins blancs moelleux. Le vignoble de Duras bénéficie d’un temps moins pluvieux et globalement plus chaud que son voisin bordelais, ce qui permet naturellement un épanouissement des vins dans les meilleures conditions.

La géologie

Si le nom “Aquitaine” trouve son origine dans le terme latin aqua (eau), ce n’est pas par hasard. En effet, au fil des millions d’années qui lui ont donné son visage actuel, l’Aquitaine en général et le Pays de Duras en particulier ont été immergés à plus d’une occasion, laissant aujourd’hui dans nos sous-sols des traces évidentes d’origine marine et fluviale.

Les mouvements tectoniques à l’origine de notre paysage

L’histoire ancienne du Bassin aquitain est fondamentalement contrôlée par l’évolution du rift pyrénéen, entre les plaques Ibérie et Europe.

Les mouvements de ces plaques conduiront au fil des âges à des enfoncements et approfondissements de la fosse marine, et des sédimentations successives résultant de mouvements marins importants aboutiront finalement à l’émersion du Bassin aquitain tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Afin de bien comprendre les mouvements de transgression marine (invasion de la terre par la mer) et de retrait ayant conduit à la formation du paysage si particulier du Pays de Duras, il s’agit de comprendre deux mouvements principaux :

- Lorsque les approfondissements de la fosse marine sont liés à des affaissements tectoniques accompagnés d’élévations marines atlantiques, l’Aquitaine est envahie par les mers.

- Lorsque les affaissements de la fosse marine ne sont pas accompagnés d’élévations marines, le bassin est alors découvert et soumis à l’érosion, ce qui a généré au fil des retraits marins les séries de plates-formes qui caractérisent le paysage de Duras.

Le socle du pays de Duras

Les premières traces significatives témoignant de transgressions marines remontent à 92 millions d’années, au crétacé supérieur. À cette époque, la mer fait une avancée considérable sur la terre, par l’ouest, faisant de l’Aquitaine une vaste plate-forme marine peu profonde s’étendant à l’est au-delà de Périgueux. Du fait des mouvements des plaques tectoniques Ibérie et Europe, la fosse de Parentis située au centre du bassin s’enfonce progressivement, permettant à des sédiments marins de se déposer. Il ne faudra que 16 millions d’années à ces sédiments pour se solidifier sous la forme de calcaires fins à silex qui constituent le socle de notre terroir.

Un sous-sol né du mariage entre la terre et l’océan

Il y a 53 millions d’années, au milieu de l’ère tertiaire, du fait d’une avancée significative de la mer, une partie du Pays de Duras se retrouve immergée. La région est alors sous un climat tropical et le domaine marin s’étend du Bordelais à l’Ariège. Les dépôts datant de cette ère sont principalement des calcaires à grands foraminifères. Au long des 13 millions d’années suivantes, la mer se retire doucement du fait de la convergence de nos plaques Ibérie et Europe, qui conduit à l’édification d’une nouvelle chaine pyrénéenne. Il y a 40 millions d’années émergent ainsi les premiers reliefs parmi lesquels on compte donc les Petites Pyrénées, l’Ariège et les Corbières. À cette période, la mer quitte le fond du Golfe aquitain pour se retirer plus à l’ouest, dans les Landes et le Pays Basque. C’est notamment aussi à cette époque que le lac d’Issigeac fait son apparition.

Cependant, 10 millions d’années plus tard, c’est la mer rupélienne qui pénètre de nouveau jusqu’en Dordogne, déposant du calcaire à astéries avant de se retirer. Il y a 19 millions d’années, la mer, venue de l’ouest, envahit une nouvelle fois l’Aquitaine encourageant la prolifération d’huitres qui deviendront des calcaires. Enfin, à la fin du Miocène il y a 7 millions d’années, la mer abandonne définitivement l’Aquitaine laissant un paysage proche de celui que l’on connaît aujourd’hui. L’érosion y apportera la touche finale.

Le terroir actuel

L’océan et ses côtes actuelles n’ont donc pas été formés brutalement, mais progressivement à la suite de comblements sédimentaires successifs. Ainsi le paysage s’est-il retrouvé alternativement au-dessus et au-dessous du niveau de la mer, entrainant la mise en place du sol et du sous-sol actuels : des boulbènes dans les parties basses du vignoble et des marnes et molasses, calcaires et argilo-calcaires dans les hauteurs du vignoble.
Nos sous-sols constituent donc une véritable explosion géologique que nos vignerons rebelles ont apprivoisée au fil des siècles.

Les vins

À Duras, il y a tout d’abord les “grands vins” qui doivent s’attendre, expressions accomplies de notre terroir. On trouve en particulier des blancs surprenants, secs comme moelleux, qui avec le temps révèlent une extraordinaire typicité. Mais également des rouges profonds et complexes, dans la grande tradition d’Aquitaine.

Et puis on aime aussi faire des vins faciles d’accès, prêts à boire dans leur jeunesse, simplement bons. Vous trouverez en particulier des rouges gourmands sur le fruit, des rosés d’été et des blancs de Sauvignon gouleyants. Vous serez certainement surpris, comme tous les clients fidèles de nos caves, par l’attractivité du rapport qualité-prix qu’offrent bon nombre de nos vins.



Goûtez nos vins, ils vous surprendront !

Vins rouges

En général souples et fruités ils peuvent être tanniques et charpentés pour les cuvées vieillies en fût. Ils se bonifient superbement après quelques années en cave, mais dès leur prime jeunesse, on peut apprécier leurs arômes vifs et fringants.
Accord vins-mets : Ils s’accommodent parfaitement à une viande rouge, un plat régional comme le magret de canard, du confit, du gibier, une poule au pot ou du fromage. S'ils sont jeunes, ils peuvent accompagner une viande blanche ou simplement des charcuteries. Ils doivent être servis à 15 °C voire 17 °C.

Vins blancs secs

Séducteurs dans leur robe claire nuancée de vert, ils sont racés et nerveux mais en même temps délicats et fruités.?
Accord vins-mets : Excellents sur les poissons, les coquillages et les crustacés. Pour les apprécier pleinement, il convient de les servir à 8 °C.

Vins blancs moelleux

Accord vins-mets : Ils s'affirment dès l'apéritif, en compagnie d'une viande blanche ou de fruits et s'accordent parfaitement avec le foie gras ou des fromages bleus. Il convient de les servir à 10 °C.

Vins rosés

Accord vins-mets : Partenaires idéaux de la cuisine moderne et exotique, ils accompagnent parfaitement les assiettes de charcuterie et les grillades. Ils demandent à être servis frais à 7 °C.

Une appellation très “bio”

À Duras, le bio, c’est une réalité en progression : près de 20 % des surfaces viticoles cultivées selon les règles de l’agriculture biologique, qui dit mieux ?


Alors qu’en France la moyenne des terres viticoles cultivées en “bio” s’élève à 6 %, des rebelles d’Aquitaine développent cette pratique depuis déjà plus d’une décennie. Ainsi, avec une quinzaine de domaines certifiés “bio” ou en conversion, nos vignerons pratiquent la culture biologique avec un sérieux avantage sur d’autres régions. En effet, il est tout de même plus aisé de garantir une qualité “bio” dans les terres reculées et préservées des Côtes de Duras, qu’ailleurs !

Des femmes engagées

Marguerite Duras est née Donnadieu. Si elle a choisit le nom de notre “terre sauvage” pour signer son œuvre, ce n’est pas un hasard. C’est la terre de sa première enfance, celle qui lui ressemble et l’inspire comme elle le raconte dans son ouvrage Les Impudents : “L’écriture, je sais d’où elle vient, je revois. (…) Je me revois comme n’étant personne mais déjà sur le chemin pour devenir quelqu’un comme un écrivain”. Rebelle et femme, elle est pour nous une icône toujours bien vivante ; et si c’est sur le papier qu’elle a choisi de conter les histoires de notre pays qui lui est à jamais attaché, elles sont aujourd’hui nombreuses, ici à Duras, à écrire les leurs à travers le vin. Angélique, Annie, Brigitte, Catherine, Corinne, Delphine, Geneviève, Iain, Jacqueline, Marianne, Marie-Christine, Marie-José, Nadia, Véronique… chez nous, dans les exploitations, les femmes ont trouvé toute leur place. Seules ou en famille, dans les vignes ou au chai, à la tête de leur propre domaine ou dans nos institutions : elles constituent une force vive pour les vignerons de Duras en se battant sur tous les fronts ! Toujours prêtes à se serrer les coudes pour faire vivre leur terroir, elles donnent naissance à des vins, qui légitiment un “chapeau bas !” pour ces rebelles parmi les rebelles.

Les chiffres clés

LES VIGNERONS

• 118 coopérateurs, 72 chais particuliers

LE VIGNOBLE

• Rendement autorisé : 60 hl/ha pour les blancs secs, 55 hl/ha pour les rouges et rosés, 50 hl/ha pour les moelleux.

• Densité minimum : 4000 pieds/ha

• Surface du vignoble : 1524 ha récoltés en 2013

• Proportion : 49% de rouge, 34% de blanc, 16% de rosé et 2% de moelleux (récolte 2013)

• 60190 hl revendiqués en AOC (récolte 2013)

VENTES 2012-2013

• 69285 hl : 63 % de vins rouges, 24 % de vins blancs secs, 11 % de rosés et 2 % de moelleux

• 45 % des ventes se font sous CRD (bouteille marché français), 51 % en vrac et export, 4 % en petit vrac (BIB)

• Vrac : 18154 hl enregistrés, 70 % en rouge, 27 % en blanc et 3 % en rosé

• L’export représente 5 % des volumes commercialisés en 2012-2013 (principalement en Grande-Bretagne, Pays-Bas, Chine et Belgique).


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